Construite pendant le premier quart du XIVe siècle, l'Église du Sauveur de Real nous a laissé peu de témoignages sur ces temps où, même si l'art gothique s'annonçait déjà, les solutions romanes étaient encore utilisées dans la construction d'espaces religieux.

Le portail en est également un témoin : il n'a pas de tympan, les colonnes sont couronnées de chapiteaux avec une sculpture peu volumineuse et fixée à l'évasement et les deux archivoltes qui forment le corps sont brisées et ont des tores. Les motifs décoratifs sur les chapiteaux reproduisent surtout les thèmes phytomorphes et végétaux, mais il faut aussi souligner la présence d'un masque sur le coin de l'un des chapiteaux. Ce type d'ornementation est d'ailleurs très similaire à celui de l'église voisine de Mancelos.

Des temps romans persistent encore, sur la façade latérale sud, un arcosolium avec un sarcophage, ayant une épée gravée sur la couverture, dénonçant le statut social de ceux qui y étaient enterrés, et, adossé au massif en pierre perpendiculaire à l'angle sud-est du chevet, un clocher de style clairement roman.

Mais l'Église nous laisse avant tout entrevoir le XVIIIe siècle, bien présent dans l'ouverture des baies qui éclairent la nef et le sanctuaire, dans le dessin des trois croix alignées sur les pignons, ainsi que dans les flammes achevant les angles de la nef.
Une fois à l'intérieur, l'arc triomphal se compose de deux archivoltes brisées et repose directement sur les pieds-droits du mur.
Le caractère dépouillé de cette Église est mis en évidence par le revêtement en stuc qui la recouvre intégralement, faisant ressortir, dans un jeu de contraste clair-obscur, les croix de consécration, romanes, pattées, dont l'inscription complète un cercle.
La construction d'une nouvelle église paroissiale dans les années 1930 et le transfert du retable principal, qui appartenait à ce temple, vers ce nouvel espace, explique encore son caractère dépouillé.
Bien que le stuc recouvre tout son intérieur, au début des années 50 du XXe siècle, des témoignages mentionnent l'existence d'une peinture représentant le baptême du Christ par son cousin Saint-Jean dans les eaux du Jourdain. Cette peinture servait de toile de fond au baptistère, à l'entrée de l'Église, du côté gauche, et datait du XVIIIe siècle ou du début du XIXe siècle.
Le font baptismal et son bassin circulaire en granit obéissent aussi au style roman. Le bassin repose sur un pied cylindrique et celui-ci sur une plinthe cubique.